Chronologie historique
(3/3)

VIIe s. Établissement des Croates et premiers royaumes
1102 Unis à la couronne hongroise
1527 Habsbourg, Vénitiens et Ottomans
1809 Napoléon et le réveil national croate
1918 La première expérience yougoslave
1941 La Seconde Guerre mondiale
1945 La Croatie dans la fédération yougoslave communiste
1986 La croisade grand-serbe de Milosevic
1991 La guerre et l’indépendance de la Croatie
1995 La victoire militaire croate et le retour de la paix
2000 « L’après-Tudjman »

La guerre et l’indépendance de la Croatie

1991

Le pillage de la Yougoslavie. Le 8 janvier, par un acte unilatéral et illégal, la banque nationale serbe - investie par un vote secret et unilatéral de l'Assemblée de la république de Serbie en date du 28 décembre 1990 - opère une percée sans précédent dans le système monétaire yougoslave. Pas moins de 18,2 milliards de dinars (1,8 milliards de dollars) en argent scriptural sont placés illégalement à la disposition de la banque centrale de Serbie sans que ces moyens-là aient la moindre couverture légale. Le premier ministre fédéral, Ante Markovic, qualifiera cet acte de "pillage du siècle", considérant qu'il signe l'arrêt de mort de la fédération yougoslave.

Le 26 février, une "région autonome serbe de Slavonie, Baranya et Syrmie occidentale" est proclamée par les séparatistes à l'extrémité est de la Croatie, le long de la frontière serbe.

La "Krajina" serbe proclame son indépendance. Le 28 février, tandis que la Croatie est encore l'une des six républiques constitutives de la fédération yougoslave et en dépit des conclusions de la Cour constitutionnelle croate confirmant l'illégalité des "communes autonomes serbes" proclamées unilatéralement, le "Conseil national serbe" (illégal), fondé par les séparatistes ultra-nationalistes serbes de Croatie, déclare rompre tous les liens institutionnels entre la République de Croatie et la "région autonome serbe de Krajina". Celle-ci est constituée de facto de poches de territoire croates dont les séparatistes serbes ont pris le contrôle par la force (environ 15 % du territoire), et avec le soutien de l'armée yougoslave, à majorité serbe. Le lendemain, la première victime des paramilitaires serbes, un policier croate, est tué dans une embuscade à Plitvice, tandis qu'à Pakrac, (Slavonie occidentale), le commissariat est pris d'assaut par les paramilitaires serbes avec l'appui de l'armée yougoslave et 16 policiers croates y sont désarmés. (voir carte détaillée)

Le 16 mars, la "région autonome serbe de Krajina" (RAS de Krajina) proclame solennellement son "indépendance" vis-à-vis de la Croatie.

Médiations et négociations au sommet. Le 25 mars, les présidents croate, Franjo Tudjman, et serbe, Slobodan Milosevic, se rencontrent en tête-à-tête à Karadjordjevo pour tenter de trouver une issue à la crise yougoslave. La suite des événements montrera bientôt qu'aucun accord n'avait été trouvé (occupation d'un quart du territoire croate, destruction de Vukovar, pilonnage de Dubrovnik, bombardement du palais présidentiel, occupation des trois-quarts de la Bosnie, vote massif des Croates de Bosnie en faveur de l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine, résistance croato-bosniaque conjointe face à l'armée serbe). Trois jours plus tard, le 28 mars, les six présidents des républiques yougoslaves se rencontrent à leur tour à Split, en Croatie, mais sans non plus parvenir à dégager un solution à la crise yougoslave.

Réunification proclamée avec la Serbie. Le 1er avril, le "conseil exécutif" de la "région autonome serbe de Krajina" décide de la réunification illégale des territoires croates occupés à la République de Serbie - étendus désormais à treize communes (Knin, Benkovac, Obrovac, Gracac, Donji Lapac, Korenica, Vojnic, Vrginmost, Glina, Dvor na Uni, Kostajnica, et désormais également Petrinja et Pakrac) -, ceci en dépit du fait que les deux territoires, distant de plusieurs centaines de kilomètres, sont géographiquement séparés par la république de Bosnie-Herzégovine.

Le 12 avril, la Garde nationale croate, embryon de la future armée croate, est constituée à Zagreb.

Le 27 avril, une "communauté de communes serbes de la Krajina de Bosnie" voit le jour de l'autre côté de la frontière, sur le modèle éprouvé déjà en Croatie de la "RAS de Krajina".

Premières victimes. Le 2 mai, 12 policiers croates, tombés dans une embuscade tendue par les extrémistes serbes à Borovo selo, sont affreusement mutilés. Onze jours auparavant, le leader tchetnik, Vojislav Seselj, Milan Paroski, un parlementaire serbe, ainsi que le ministre serbe des Serbes de l'étranger, Stanko Cvitan, s'étaient rendus à Jagodnjak, une bourgade croate voisine, peuplée à majorité de Serbes, à un meeting ultranationaliste. Vojislav Seselj y appelait à la création d'une grande Serbie, dont les frontières occidentales seraient constituées par la ligne Karlobag-Ogulin-Karlovac-Virovitica, ce qui amputerait la Croatie des deux tiers. Milan Paroski, quant à lui, appelait son auditoire "à tuer comme un chien quiconque déclare que cette terre n'est pas serbe".

Le 12 mai, la "RAS de Krajina" proclame, sur la base d'un "référendum", son rattachement à la Serbie - bien que la Bosnie-Herzégovine se trouve entre les deux.

Crise institutionnelle et référendum croate. Lorsque la présidence yougoslave tournante échoit le 15 mai au délégué croate, Stjepan Mesic, le bloc serbe s’y oppose violemment, provoquant ainsi une crise institutionnelle qui servira de prétexte pour s’arroger le contrôle de l’armée fédérale (JNA), déjà presque totalement acquise aux thèses grand-serbes (les trois-quarts des officiers étant eux-mêmes serbes ou monténégrins). Dans ce contexte extrêmement tendu, entre la proposition serbe, une Yougoslavie plus centralisée encore, et la proposition croato-slovène, prônant sa transformation en confédération d'Etats souverains, sans exclure leur indépendance, c’est sans grande surprise cette dernière proposition qui recueille, les 18 et 19 mai, plus de 94 % des suffrages au référendum en Croatie.

 

Déclaration d'indépendance de la Croatie. Face à l’escalade de la violence et à la multiplication des attaques meurtrières des extrémistes serbes épaulés par l’armée yougoslave, la Slovénie et la Croatie déclarent le 25 juin - en vertu de leur droit à l'autodétermination prévu et garanti par la Constitution yougoslave - leur « dissociation » d’avec l’État yougoslave, phase transitoire avant l’indépendance effective. La Croatie adopte alors une déclaration de souveraineté. Le même jour est adoptée une Charte garantissant les droits de la minorité serbe, censée à la fois démentir les accusations de Belgrade et rassurer les Serbes de Croatie. Le 27 juin, l’armée yougoslave intervient brutalement contre la Slovénie et deux semaines plus tard contre la Croatie.

Escalade du conflit armé et moratoire européen. Le 3 juillet, les Etats-Unis et la Communauté européenne proposent un embargo sur les livraisons d'armes à la Yougoslavie. Le 7 juillet, un moratoire de trois mois sur les mesures de « dissociation » slovènes et croates est imposé par la Communauté européenne ; le bloc serbe est contraint d’accepter Stjepan Mesic à la tête de la Présidence yougoslave. L’armée restera cependant fidèle à Milosevic et Mesic ne disposera d'aucun pouvoir réel. Malgré les craintes justifiées de Zagreb, l'armée yougoslave obtient de la communauté internationale, le 18 juillet, la possibilité d'évacuer tout son arsenal de Slovénie, à travers la Croatie, vers la Serbie, le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine.

Le 4 août, un Gouvernement d'union nationale réunissant l'ensemble des forces politiques croates de la majorité et de l'opposition est formé à Zagreb.

Putsch à Moscou. Le coup d'Etat avorté à Moscou (19-22 août) et l'éviction du général Yazov prive l'état-major yougoslave de son principal soutien. Le 29 août, le Parlement soviétique interdit le parti communiste et le 6 septembre, l'URSS reconnaît pacifiquement l'indépendance des pays baltes.

 

La prise, le 10 septembre, du commissariat de Bosanska Krupa, en Bosnie, par les paramilitaires serbes, marque le premier acte de l'agression militaire à grande échelle dont sera victime cette république quelques mois plus tard.

Siège des casernes yougoslaves. Le gouvernement croate ordonne le siège de toutes les casernes de l'armée yougoslave sur le territoire croate et réclame, en vain, leur mise sous contrôle international. Refusant de participer à l'agression militaire contre la Croatie, 17 000 officiers et sous-officiers croates de désertent l'armée yougoslave et rejoignent les forces croate d'auto-défense. Après les Slovènes et les Croates, c'est au tour des Macédoniens, Bosniaques et Albanais de déserter en masse l'armée yougoslave, devenue désormais serbo-monténégrine. Le 17 septembre, la marine yougoslave instaure un blocus naval et bombarde violemment les ports croates.

Guerre totale en Croatie et embargo sur les armes. Face à la détérioration de la situation en Croatie, les Nations unies imposent le 25 septembre un embargo sur les armes pour l'ensemble du territoire yougoslave ce qui, de fait, pénalise uniquement les victimes de l’agression serbe : alors que la Serbie contrôle l'arsenal yougoslave (450 avions de chasse, des centaines de navires, 2000 chars, des milliers de pièces d'artillerie, et des milliers de tonnes de munitions), la Croatie est privée de moyens d'autodéfense.

La région de Baranya est occupée fin août. Le siège des casernes, mis en place le 13 septembre, permet à la Croatie de s'emparer d'à peine 150 chars. Le même jour, la ville croate de Kostajnica tombe aux mains des forces serbes. Le 16 septembre, c'est au tour de Drnis d'être occupée, et le 21, la défense de Petrinja cède. Début octobre Dubrovnik, Osijek, Karlovac et Zadar sont lourdement pilonnées et Vukovar, assiégée depuis un mois et demi, parvient à contenir l'avancée des blindés et de l'infanterie serbe avec des seules armes légères. Le plan de bombardement massif de Zagreb par l'aviation serbe, intercepté par les services de renseignements croates, est stoppé in extremis grâce à l'intervention de Mikhaïl Gorbatchev, dans la nuit du 6 octobre.

Bombardement du palais présidentiel à Zagreb. Le 7 octobre à l’expiration du moratoire, Milosevic envoie néanmoins des Mig bombarder le palais présidentiel à Zagreb. Les présidents croate et yougoslave, Franjo Tudjman et Stjepan Mesic, ainsi que le Premier ministre fédéral, Ante Markovic, qui s’y trouvent alors, réchappent de peu à l’attentat. Et tandis que le quart du territoire croate est déjà occupé par l’armée yougoslave et les milices serbes, le Sabor proclame le lendemain, 8 octobre, l’indépendance de la Croatie, rendant ainsi exécutoire les déclarations adoptées le 25 juin.

Acceptant la médiation de Gorbatchev, Tudjman se rend néanmoins à Moscou, le 15 octobre, où il conclut avec Milosevic un nouveau cessez-le-feu. Pourtant dès le 17 octobre et malgré la présence des observateurs européens, l'armée serbe expulse 10 000 Croates de la bourgade d'Ilok.

1000 km de front, d'Osijek à Dubrovnik. Une véritable guerre s’étend sur mille kilomètres de front où les forces serbes mènent, à l’aide de l’artillerie, des chars et des chasseurs bombardiers, des attaques de grande envergure et d'une extrême violence contre les villes croates, notamment Osijek, Vinkovci, Zupanja, Brod, Pakrac, Sisak, Karlovac, Rijeka, Otocac, Gospic, Zadar, Sibenik, Sinj, Split, Ploce et Dubrovnik. Par surcroît, les unités fédérales embastillées dans les casernes sur l’ensemble du territoire croate libre (Zagreb, Varazdin, Bjelovar, etc.) participent également à cette guerre, où leur supériorité en armes lourdes est écrasante face à une armée croate encore embryonnaire et mal équipée. Début novembre, les troupes serbo-monténégrines entament des bombardements massifs contre Dubrovnik, ville-musée et perle de l’Adriatique.

 

Le siège de Vukovar. Le 18 novembre, après trois mois d’un siège terrible, écrasée sous un déluge de feu de 300 000 obus, la ville baroque de Vukovar, sur les rives du Danube, est réduite en cendres. Le « Stalingrad croate » est investie par les milices serbes et l’armée fédérale. Ses habitants sont déportés, des centaines d’autres exécutés, notamment les 200 blessés de l'hôpital, ensevelis dans le charnier d'Ovcara (voir carte détaillée).

Bilan provisoire. Le bilan humain de six mois d’agression serbe en Croatie s’élève à près de 13 000 morts, 30 000 blessés et des centaines de milliers de personnes chassées de chez elles, à quoi il faut ajouter les considérables dommages matériels.

Arbitrage international et arrêt des hostilités. Le 29 novembre, la Commission d’arbitrage présidée par Robert Badinter entérine la disparition de la fédération titiste en confirmant que la Yougoslavie est « engagée dans un processus de dissolution ». Le 8 décembre, les présidents de Russie, d'Ukraine et de Biélorussie annoncent la mort de l'URSS. Alors que, Slovénie mise à part, la Lituanie, la Lettonie et l'Ukraine ont d'ores et déjà reconnu la Croatie, la Communauté européenne invite, le 16 décembre, toutes les Républiques yougoslaves à déclarer avant le 23 décembre si « elles souhaitent être reconnues en tant qu’Etats indépendants » et s’engage à ne pas reconnaître « des entités qui seraient le résultat d’une agression », allusion explicite à la "Krajina" des séparatistes serbes.

1992

Reconnaissance internationale de la Croatie. Le 3 janvier, un 16e cessez-le-feu prend effet : l’armée yougoslave ayant atteint ses objectifs, celui-ci sera enfin respecté. Le 7 janvier, la chasse serbe abat en Croatie un hélicoptère de la CEE ayant à son bord cinq observateurs européens dont un Français. Le 13 janvier, le Saint-Siège reconnaît l'indépendance de la Croatie. Le 14, 112 lauréats du Prix Nobel lancent un appel pour la paix en Croatie. Le 15, suivis d’une trentaine d’autre pays, les Douze reconnaissent l’indépendance de la Croatie. Le 7 février, le HDZ est le grand vainqueur des élections à la Chambre haute du Sabor (Chambre des Comitats).

L'envoi des casques bleus. Le 21 février, la résolution 743 instaure la FORPRONU (Force de Protection des Nations Unies) forte de 14 000 "casques bleus" qui doivent être déployés dans les zones occupées en Croatie, jusqu’à l’aboutissement d’un règlement négocié.

Le 7 avril, les États-Unis reconnaissent la Croatie et la Bosnie-Herzégovine. Le même jour Zagreb reconnaît la Bosnie-Herzégovine comme Etat indépendant. Le 22 mai, la Croatie est admise à l’ONU.

Malgré ce contexte tragique, la Croatie participe à Albertville '92 à ses premiers Jeux olympiques, en tant que pays indépendant, et remporte dès Barcelone '92 ses premières médailles, dont une médaille d'argent en basket-ball après une défaite en finale contre la dream team américaine.

 

Début de la guerre en Bosnie-Herzégovine. Parallèlement, dans la Bosnie-Herzégovine voisine, indépendante depuis le 1er mars, où les Serbes ne représentent pourtant que 31 % de la population, les milices de Radovan Karadzic et l’armée serbo-yougoslave aux ordres de Milosevic lancent une guerre totale au cours de laquelle ils s’emparent, en à peine quatre mois, de plus de 70 % du territoire. La capitale, Sarajevo, est soumise à un siège impitoyable. Du fait que la Croatie et la Bosnie-Herzégovine font face à un même agresseur, les deux conflits qui s'y déroulent peuvent, sur le plan militaire, difficilement être considérés séparément, d'autant qu'ils constituent, pour les forces serbes, un seul et même théâtre d'opération (voir carte détaillée PDF, 650 Ko).

Tournant stratégique. Ceci est plus vrai encore à partir de juillet 1992, lorsque les forces serbes parviennent à percer le fameux "corridor de Brcko", dans le nord de la Bosnie, qui leur permettra dès lors de bénéficier du soutien logistique direct de la Serbie (voir carte détaillée).

Crise humanitaire. Des centaines de milliers d’habitants non-serbes, Bosniaques et Croates, sont expulsés de chez eux et plus de 100 000 sont tués en quelques mois. Les deux tiers de la population cherchent alors refuge dans la portion congrue du territoire encore défendue par les Bosniaques et les Croates de Bosnie (Bosnie centrale et Herzégovine). Près d’un demi-million de réfugiés de Bosnie seront également accueillis en Croatie où, sur une population de 4,5 millions d'habitants, on compte déjà plusieurs centaines de milliers de déplacés croates, chassés en 1991 par les Serbes.

Alliance croato-bosniaque. Le 21 juillet et le 23 septembre, Zagreb et Sarajevo signent deux accords prévoyant leur coopération militaire face à l'agression serbe. De fait, la Croatie constituera durant toute la guerre l'unique voie de ravitaillement en armes de la Bosnie.

Résistance croate. Pour autant les Croates de Bosnie-Herzégovine parviennent mieux que les Bosniaques, qui sont alors pris de court, à faire face à l'armée serbe au tout début du conflit. Ils instaurent un Conseil croate de défense (HVO), reconnu le 15 juin comme faisant partie intégrante des forces armées de Bosnie. Ainsi les Croates parviennent-ils à préserver une grande partie des territoires où ils constituent la majorité de la population, notamment dans le Sud (Herzégovine), évitant que toute la Bosnie ne soit conquise, ce qui rendra possible la reconquête de 1995. Après trois mois de combats acharnés sur la Neretva, le HVO alors encore composé de Croates et de Bosniaques, libère fin juin 1992 la rive est de Mostar et repousse l'armée serbe hors de la ville.

 

Dubrovnik désenclavée. En Croatie au même moment, l'armée croate lance en juin une offensive dans le sud de la Dalmatie et parvient à désenclaver la ville de Dubrovnik, jusqu'alors assiégée et pilonnée par l'armée serbe.

TERRITOIRES OCCUPÉS EN CROATIE (AUTOMNE 1992)
APRÈS LA LIBÉRATION DE DUBROVNIK ET DU SUD DE LA DALMATIE

Mini-Yougoslavie (Serbie-Monténégro). Après l’indépendance de toutes les autres républiques (Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine et Macédoine), la Serbie et le Monténégro créent, le 27 avril, une fédération commune, la République Fédérale de « Yougoslavie », Etat-croupion, puisque sera loin de rassembler tous les Slaves du Sud. En tant qu'un des cinq Etats successeurs et malgré la revendication de l’appellation « Yougoslavie », il ne sera pas autorisé à hériter le siège de l’ancienne Yougoslavie dans les instances internationales, et ne deviendra officiellement membre de l'ONU qu'en 2000, après le départ de Milosevic. Le 4 juillet la Commission d’Arbitrage Badinter déclare « que le processus de dissolution de la République Socialiste Fédérative de Yougoslavie [...] est arrivé à son terme et qu’il faut constater que la RSFY n’existe plus ».

Camps de concentration et réfugiés en Bosnie. Début août, le monde découvre l’horreur des camps de concentration serbes en Bosnie où périront des milliers de prisonniers bosniaques et croates.

Le poids des personnes déplacées et réfugiées fuyant les exactions de l'armée et des paramilitaires serbes atteint alors des proportions énormes. En août 1992, la Croatie, pays de 4,7 millions d'habitants, devient un gigantesque camp de réfugié devant supporter la charge de 628 500 personnes jetées sur les routes par la guerre : 265 500 d'entre eux sont des déplacés (originaires de Croatie) et 364 400 des réfugiés (originaires d'autres pays), principalement de Bosnie-Herzégovine (332 000), mais aussi du Kosovo (12 000) et de Voïvodine (19 000). On compte 69 000 réfugiés dans les territoires sous mandat des casques bleus de l'ONU.

En Bosnie-Herzégovine voisine, la situation est tout aussi chaotique puisque on dénombre 593 000 réfugiés et déplacés, dont 93 000 originaires de Croatie. Début août, le monde découvre les premières images des camps de concentration serbes en Bosnie-Herzégovine. Au total, 130 000 personnes seront détenues dans les 94 camps serbes établis en Bosnie-Herzégovine et les 11 instaurés en Serbie et au Monténégro. La vague d'indignation suscitée dans l'opinion internationale par les images de prisonniers décharnés conduira à la libération, quelques semaines plus tard, de plusieurs centaines de prisonniers qui avait été emmenés en Serbie après la chute de Vukovar.

 

Tudjman réélu président. Le 2 août 1992, Franjo Tudjman est réélu président de la République pour cinq ans avec 57,5 % des voix, mais pour la première fois au suffrage universel comme le prévoit désormais la Constitution croate du 22 décembre 1990. En mai 1990, il avait été élu par les députés du Sabor, conformément à la Constitution de la République socialiste de Croatie, alors en vigueur dans le cadre de la Yougoslavie titiste.
En même temps que les présidentielles se tiennent les deuxièmes élections législatives qui redonnent pour quatre ans la majorité à l'Union démocratique croate (HDZ) de Franjo Tudjman qui remporte à elle seule 85 sièges sur 138. En outre, 18 sièges sont réservés aux minorités nationales, dont 13 à la communauté serbe.

1993

Opération "Maslenica". Face à l’enlisement des négociations visant à aboutir à une solution politique au conflit et décidées à désenclaver la Dalmatie isolée depuis 1991, les autorités croates déclenchent avec succès le 22 janvier l’opération « Maslenica » dans l’arrière pays de Zadar (voir carte détaillée).

Plans internationaux de division ethnique. En Bosnie, les premiers plans de paix internationaux, tous fondés sur un partage territorial, se font alors jour. Mais tous tendent peu ou prou à entériner les importantes conquêtes serbes sur le terrain, confortant ainsi l'idée selon laquelle seul le fait accompli sera in fine reconnu. Conciliants, les Croates y sont plutôt favorables, les Bosniaques, en revanche, globalement hostiles. L’alliance jusque-là observée entre Bosniaques et Croates de Bosnie-Herzégovine face à la supériorité écrasante des Serbes vole en éclat et le conflit prend une dimension nouvelle.

Conflit croato-bosniaque. Les tensions nées de l'afflux massif de réfugiés en Bosnie centrale - 750 000 Bosniaques et 200 000 Croates sont expulsés de chez eux par les forces serbes -, auquel s'ajoutent des divergences politiques quant à l’avenir de la Bosnie, exacerbent les passions jusqu’au conflit armé qu’avivent alors atrocités et opérations de nettoyage ethnique. Les forces bosniaques assiègent alors la population croate des enclaves de Bosnie centrale (Zepce, Vitez-Busovaca, Kiseljak-Kresevo) et s'emparent de l'enclave croate de Vares. De son côté, Mostar-est devient la cible des attaques des forces croates de Bosnie (HVO). Victimes de ce conflit fratricide, 140 000 Croates et 60 000 Bosniaques sont expulsés de chez eux. En outre, aux quelque 200 000 victimes provoquées au total par l’agression serbe, viennent désormais s’ajouter les quelque 4 000 morts de cette « guerre dans la guerre ». La Croatie continue pour sa part à accueillir les réfugiés Croates et Bosniaques (voir carte détaillée).

 

Le 7 février 1993, l'Union démocratique croate (HDZ) remporte les élections pour la Chambre haute (Zupanijski dom), en s'assurant 35 des 62 sièges.

Zones de sécurité et TPIY. En Bosnie voisine, en réponse aux attaques serbes menées contres les enclaves bosniaques, l'ONU instaure le 6 mai, à l'initiative du général Morillon, commandant français de la FORPRONU, six zones de sécurité (Bihac, Sarajevo, Tuzla, Srebrenica, Zepa et Gorazde).

Le 25 mai 1993, le conseil de sécurité de l’ONU instaure un Tribunal pénal international, établi à La Haye, chargé de juger les crimes de guerre commis sur le territoire de l’ancienne Yougoslavie.

1994

Rétablissement de l'alliance croato-bosniaque. Afin de mettre un terme au conflit croato-bosniaque et rétablir leur alliance rompue depuis près d’un an, la Croatie conclut le 18 mars, à Washington, un accord avec les représentants bosniaques et croates de Bosnie-Herzégovine prévoyant la mise en place d’une Fédération croato-bosniaque en Bosnie-Herzégovine. Cet accord prévoit aussi l'instauration d'un état-major unifié associant l'armée bosniaque et le HVO. Cette nouvelle donne qui rééquilibre les rapports de forces sur le terrain, constituera un tournant majeur en Bosnie, où les extrémistes serbes de Radovan Karadzic contrôlent alors toujours plus de 70 % du territoire.

En juin, les séparatistes serbes de Croatie rejettent une nouvelle fois les initiatives diplomatiques en faveur d'une résolution pacifique du conflit.

 

1er voyage de Jean Paul II. En se rendant à Zagreb, les 10 et 11 septembre, Jean-Paul II devient le premier pape des temps modernes à fouler le sol croate.

  Première action conjointe après le rétablissement de l’alliance militaire croato-bosniaque, l’opération menée le 3 novembre contre les forces serbes sur le stratégique plateau de Kupres en Bosnie centrale marque une étape décisive et facilitera par la suite le ravitaillement de la région. Le 21 novembre, l’OTAN mène un raid aérien contre l’aéroport croate d’Udbina aux mains des milices serbes, qui s’en servaient jusqu’alors pour mener leurs attaques contre la zone de sécurité de Bihac, en Bosnie.


La victoire militaire croate et le retour de la paix

1995

Opération "Eclair" - Libération de la Slavonie occidentale. Le 6 mars, un accord de coopération militaire croato-bosniaque est conclu. Le 31 mars, le mandat de la FORPRONU, qui englobe jusqu’alors l’ensemble des missions de paix en ex-Yougoslavie, est redéfini pour la Croatie (rés. 981) où la force internationale devient l’ONURC - « Opération des Nations Unies pour la Restauration de la Confiance en Croatie ». Pour enrayer l'escalade de la violence déclenchée par les extrémistes serbes de la région de Pakrac, Zagreb lance le 1er mai l’opération « Éclair » : en 36 heures, toute la Slavonie occidentale est libérée, ce qui désenclave en même temps tout l’est du pays. Le leader séparatiste serbe, Milan Martic, ordonne en représailles un bombardement à la roquette meurtrier sur le centre-ville de Zagreb.

 

Massacre de Srebrenica et otages occidentaux. Après la détérioration brutale de la situation en Bosnie (prise en otage des casques bleus par les Serbes, massacres de dix mille Bosniaques à Srebrenica et à Zepa), la Croatie et la Bosnie-Herzégovine signent à Split, le 22 juillet, un accord renforçant encore leur coopération militaire et réclamant l'aide militaire de la Croatie pour secourir l'enclave de Bihac, attaquée par les Serbes. Le Rapporteur spécial de l'ONU pour les droits de l'homme, Tadeusz Mazowiecki en appelle à la communauté internationale pour que soit entreprise une action énergique contre les Serbes. Dans une interview à l'hebdomadaire allemand Stern, le général Philippe Morillon, ancien chef de la FORPRONU et commandant de la Force de réaction rapide, se déclare en faveur d'une opération militaire contre les Serbes sur le modèle de celle lancée pendant la guerre du Golfe contre Saddam Hussein.

Opération "Tempête". Devant l'échec de la voie diplomatique, le gouvernement croate lance le 4 août, l’opération « Tempête » (voir carte détaillée), de loin la plus importante depuis le début du conflit : en moins de quatre jours, la Croatie reprend ainsi contrôle de la majeure partie de ses territoires occupés en 1991 (Dalmatie septentrionale, Lika, Kordun et Banovina - un territoire montagneux grand comme deux fois la Corse). Avec les départs spontanés de Serbes dans ces quatre années, les Serbes vivant en "Krajina" en 1995 sont moins nombreux que les Croates qui en ont été chassés en 1991.

Le 5 août à midi, Knin, fief depuis août 1990 des séparatistes serbes, est libéré par les forces croates.

Exode des Serbes et exactions. Malgré les appels exhortant la population serbe de ces territoires à ne pas quitter la Croatie, 90 000 civils répondent à l’ordre d’évacuation des paramilitaires serbes, qui les utiliseront comme boucliers humains pour protéger l'évacuation de leur armement lourd vers la Bosnie. Après quatre ans d'exil, les réfugiés croates commencent à rentrer chez eux. Néanmoins, dans les semaines qui suivirent la reconquête, plusieurs dizaines d'exactions à l'encontre des rares Serbes restés sur place et disséminées sur l'ensemble territoire sont venues entacher cette victoire militaire. Cette déroute éclair des séparatistes serbes et l'absence de toute résistance illustrèrent alors pour la première fois les limites du soutien accordé, notamment parmi la population civile, à l'idée de Grande Serbie.

Levée du siège de Bihac. Dans le même temps, l'opération « Tempête » met fin au calvaire des 230 000 Bosniaques assiégés à Bihac où, après 1201 jours d'enclavement, cette « Zone de sécurité de l'ONU » pourtant pilonnée par les Serbes est sur le point d'être prise, risquant de subir alors le même sort que Srebrenica, un mois auparavant. La Slavonie orientale, 4,5 % du territoire national, demeure quant à elle encore occupée.

 

Participation tardive de l'OTAN. L’OTAN déclenche le 30 août l'opération « Force délibérée », une campagne aérienne contre les relais de communications et les centres de commandement militaires des Serbes de Bosnie. Sur le terrain, l'alliance militaire croato-bosniaque (armée bosniaque à l'ouest et en Bosnie centrale, armée croate et HVO au sud) engrange les succès militaires les uns après les autres, leur progression en Bosnie occidentale ne rencontrant qu'une faible résistance de la part des troupes serbes de Radovan Karadzic, qui se replient en grand désordre vers Banja Luka. Certaine de sa supériorité militaire, l'armée serbe n'avait, en effet, pas jugé utile de se ménager des positions de repli.

Libération de la Bosnie occidentale. En moins de six semaines, l'alliance croato-bosniaque parvient à réduire les territoires sous contrôle serbe en Bosnie, qui passent ainsi de 72 % du territoire à 46 %. L'armée croate parvient même à moins de 30 km au sud de Banja Luka, la principale ville bosniaque aux mains des Serbes. La victoire est quasiment acquise lorsque la coalition parvient à prendre le contrôle des centrales qui assurent l'alimentation en électricité des territoires occupés par les Serbes en Bosnie occidentale, mettant désormais l'agresseur à la merci de la coalition. L'intervention occidentale réclamant la fin des hostilités lui épargnera une défaite sur le terrain et l'acculera bientôt à la table des négociations.

Le 29 octobre 1995, l'Union démocratique croate (HDZ) remporte pour la troisième fois les élections législatives (anticipées), en obtenant 74 des 127 sièges.

Milosevic acculé à négocier à Dayton. Craignant de perdre le résultat de quatre années de conquêtes en Bosnie réalisée par Radovan Karadzic, Milosevic cède et se rend début novembre à Dayton où il négocie à huis clos, trois semaines durant, avec les présidents croate et bosniaque, Franjo Tudjman et Alija Izetbegovic, un accord de paix général qui mettra un terme à cinq années de guerre. La communauté internationale impose toutefois aux parties une condition : le partage territorial de la Bosnie devra accorder 51 % du territoire à la Fédération croato-bosniaque, et 49 % à la République serbe - bien que les Serbes ne contrôlent plus que 46 % du territoire, après les revers militaires essuyés durant les semaines précédentes.

Comment a été levé le siège de Sarajevo. Après 20 jours de discussions, les négociations semblent néanmoins marquer le pas. Mais les importantes et inattendues concessions territoriales faites au dernier moment par la partie croate en Bosnie occidentale, où 2000 km² libérés par les forces croates sont restitués sans contrepartie territoriale, contraindront Milosevic à devoir faire un geste envers les Bosniaques et déboucheront in fine sur un accord. Ayant désormais obtenu les 49 % de territoire promis par le Groupe de contact (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Allemagne, Russie), celui-ci accepta en contrepartie de lever le siège de Sarajevo, encerclée depuis quatre ans par les Serbes, et de désenclaver Tuzla, ce qui ouvrit la voie à un accord de paix global. Les accords de Dayton-Paris, conclus le 21 novembre, sont officiellement signés au palais de l’Élysée le 14 décembre.

L'ATNUSO en Slavonie orientale. En marge de ces négociations un accord est conclu à Erdut (13 novembre) prévoyant la réintégration pacifique de la Slavonie orientale dans le giron de Zagreb, dans un délai d’un an, renouvelable une fois. Une mission de paix, l’ATNUSO (Administration transitoire des Nations unies en Slavonie orientale) y est mise en place, mettant ainsi un terme à la guerre en Croatie.

Bilan de la guerre. Au total, en cinq ans, l’agression serbe aura causé côté croate 15 583 morts et portés disparus, dont près de 400 enfants, et 37 180 blessés. Les dommages directs et indirects pour l’économie sont évalués à quelque 37 milliards de dollars - presque deux fois le PIB de la Croatie. En Bosnie, les Croates comptent 9909 tués et 20 649 blessés, 80% d'entre-eux étant victimes de l'agression serbe. Le bilan humain de l'ensemble des opérations de libération menées par l'armée croate en 1995, en Croatie comme en Bosnie, est très lourd : 473 soldats tués au combat et 2017 blessés.

Le 9 novembre, le TPI inculpe les officiers supérieurs serbes Mrksic, Radic et Sljivancanin de crimes de guerre pour les atrocités commises à Vukovar. En 2001, ils n'avaient toujours pas été livrés par Belgrade.

1996

Le 1er avril, le général croate de Bosnie, Tihomir Blaskic, accusé par le TPI de crimes de guerre, se rend de son plein gré à la Haye. Après quatre années de procès, il sera condamné à 45 ans d'emprisonnement.

Normalisation Zagreb-Belgrade. Le 9 septembre, la Croatie et la RFY (Serbie-Monténégro) établissent des relations diplomatiques. Le 16 octobre, la Croatie devient le 40e membre du Conseil de l’Europe. Le 3 décembre, le président Tudjman se rend à Vukovar pour la première fois depuis la guerre.

1997

Victoire du HDZ, Tudjman réélu. Le 13 avril, les élections pour la Chambre des Comitats du Sabor (Zupanijski dom ou Chambre haute) se déroulent pour la première fois sur l’ensemble du territoire croate, Slavonie orientale comprise. Le HDZ remporte une deuxième fois le scrutin : il arrive en tête dans 19 des 21 comitats (régions) et obtient 41 des 68 sièges.

Le 15 juin, Franjo Tudjman est réélu président de la République pour cinq ans, une troisième fois, la seconde fois au suffrage universel avec 61,41 % des voix.

Le 6 octobre, dix Croates de Bosnie accusés par le TPI de crimes de guerre se rendent volontairement à La Haye.

1998

La Slavonie orientale et Vukovar réintégrés pacifiquement. Succès conjoint de l’ATNUSO et des autorités croates dans les délais impartis : moins de sept ans après le siège de Vukovar, principale ville de la région, la réintégration pacifique et définitive de la Slavonie orientale (4,5 % du territoire) marque, pour la première fois depuis l’indépendance, le recouvrement effectif de la souveraineté croate sur l’ensemble du territoire national.

Cette même année, symbolique à bien des égards, six ans seulement après son indépendance, la Croatie parvient à se hisser à la 3e place du podium de la Coupe du monde de football, en France, après sa défaite contre la France et sa victoire sur les Pays-Bas.

2e voyage de Jean Paul II. Le 3 octobre, le pape Jean Paul II se rend pour la seconde fois en Croatie, à Split, à l'occasion de la béatification du cardinal Alozije Stepinac.

1999

Guerre du Kosovo : intervention de l'OTAN contre la Serbie. En raison du nettoyage ethnique anti-albanais mené à grande échelle par la Serbie au Kosovo, les Etats membres de l’OTAN y compris la France, déclenchent au printemps la « guerre du Kosovo », lançant de massives représailles aériennes contre la Serbie. Le gouvernement croate apporte alors son soutien politique et logistique aux opérations de l’Alliance atlantique, en lui mettant notamment à disposition son espace aérien. Milosevic est inculpé pour crimes contre l’humanité par le TPI. En juin, la Croatie participe à l’inauguration du Pacte de Stabilité pour l’Europe du sud-est.

Mort de Franjo Tudjman. Deux ans avant l’expiration de son mandat présidentiel, le premier président croate, Franjo Tudjman, décède le 10 décembre des suites d’un cancer.

« L’après-Tudjman »

2000

Victoire de la coalition de centre-gauche. Le 3 janvier, constituant la première alternance politique depuis l’indépendance, les législatives, premier scrutin national de l’an 2000, sont remportées haut la main, avec plus de 56 % des suffrages, par la coalition d’opposition rassemblant six partis autour des forces réformistes de centre-gauche (sociaux-démocrates du SDP et sociaux-libéraux du HSLS), contre moins de 27 % des suffrages au HDZ sortant. Au nombre des thèmes électoraux qui les ont portés au pouvoir : une orientation résolument pro-européenne, un programme anti-corruption, une démocratisation accélérée ainsi que la diminution des prérogatives du chef de l’État au profit du gouvernement et du parlement. Ivica Racan, président des sociaux-démocrates, est nommé Premier ministre.

 

Stipe Mesic élu président. Le 7 février, alors que deux candidats d’opposition se retrouvent en lice au second tour de scrutin, c’est Stipe Mesic, candidat du modeste HNS (parti populaire), qui remporte les présidentielles avec 56 % des voix, contre Drazen Budisa, président des sociaux-libéraux, pourtant parti favori un mois auparavant, après la victoire du tandem HSLS-SDP aux législatives.

 

OMC & Partenariat pour la Paix. Signe concret de l’écho favorable qu’ont rencontrés auprès des chancelleries occidentales les gages donnés par les nouvelles autorités croates, la France accueille le nouveau président croate en visite officielle les 11 et 12 mai. Dès la fin mai, l’Union européenne donne son feu vert pour engager les négociations sur l’Accord de stabilisation et d’association (ASA) tandis que la Croatie est admise dans le Partenariat pour la Paix, premier pas vers l’adhésion à l’OTAN. En juillet, elle est admise à l’OMC et en septembre le Conseil de l’Europe met fin à la procédure de suivi de la Croatie.

Milosevic déchu à Belgrade. Début octobre, le président yougoslave, Slobodan Milosevic, dont la politique belliciste a endeuillé l’ensemble de la région depuis plus de dix ans, est battu par Vojislav Kostunica et contraint de quitter le pouvoir.

Sommet de Zagreb. Le 24 novembre, le Sommet de Zagreb, coprésidé par le président croate, Stjepan Mesic, et son homologue français, Jacques Chirac, président en exercice de l'UE, réunit les chefs d'Etat et de gouvernement des Quinze et des pays de la région visés par le Processus de stabilisation et d'association, première étape vers leur intégration dans l'Union européenne. Il marque également pour la Croatie le lancement officiel des négociations sur l'ASA.

2001

Accord de stabilisation et d'association. Le 14 mai, la Croatie et l'UE paraphent à Bruxelles l'Accord de stabilisation et d'association (ASA), première étape vers l'adhésion à l'UE.
Le 28 juin, Slobodan Milosevic, l'ancien président serbe responsable des guerres qui ont ensanglanté la Croatie et l'ex-Yougoslavie est extradé à La Haye pour y répondre de l'accusation de génocide.

Du 29 au 31 octobre, le président Mesic effectue une visite historique en Israël.
Le 8 décembre, le président Jacques Chirac se rend à Zagreb : c'est la première visite officielle d'un chef d'Etat français en Croatie.

2002

Milosevic extradé à La Haye. Le 12 février débute le procès de Slobodan Milosevic à La Haye où il comparaît pour crimes contre l'humanité et génocide pour son rôle dans les guerres de Croatie, de Bosnie et du Kosovo. Le 15 mai, deux anciens dirigeants des sécessionnistes serbes de Croatie, Milan Martic et Mile Mrksic, accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), se rendent à La Haye.

18-22 septembre : première mission du Sénat français en Croatie.

Le 10 décembre, Zagreb et Belgrade parviennent à un accord sur le statut de la presqu'île de Prevlaka, à l'entrée des bouches de Kotor.

2003

La Croatie candidate à l'adhésion à l'UE. Le 21 février, la Croatie dépose officiellement sa candidature à l'entrée dans l'Union européenne.

La Croatie, 100e voyage de Jean Paul II. Du 5 au 9 juin, le pape Jean-Paul II se rend pour la troisième fois en Croatie où il effectue son 100e voyage à l'étranger. A cette occasion, il se rend à Rijeka, Osijek, Djakovo, Dubrovnik et Zadar.

Le 10 juillet, le président de la Commission européenne, Romano Prodi, se rend en personne à Zagreb pour y remettre un questionnaire en 4600 questions destiné aux pays candidats à l'entrée dans l'Union européenne. Le 9 octobre, le Premier ministre croate Ivica Racan rend, à Bruxelles, le questionnaire au président Prodi, dernière étape avant l'élaboration de l'avis que la Commission doit rendre au printemps 2004 sur la candidature de la Croatie à l'entrée dans l'UE.

Victoire du HDZ, Ivo Sanader Premier ministre. Le 23 novembre, l'Union démocratique croate (HDZ) d'Ivo Sanader remporte les élections législatives en mettant en avant le programme économique et pro-européen de son parti, désormais rénové et se revendiquant du centre-droit. Le 23 décembre, le gouvernement conservateur d'Ivo Sanader succède à celui du social-démocrate Ivica Racan.

2004

La Croatie officiellement reconnue candidate. Le 22 mars, le Parlement européen rend un rapport favorable à la candidature croate et le 20 avril, la Commission européenne donne à son tour son feu vert à la candidature de la Croatie en recommandant l'ouverture de négociations d'adhésion.

Le 18 juin, le Conseil européen octroie le statut de candidat officiel à la Croatie. Le 17 décembre, il fixe au 17 mars 2005 la date d'ouverture des négociations d'adhésion.

2005 Stipe Mesic réélu président. Le président sortant, le centriste Stipe Mesic, a été réélu, dimanche 16 janvier, à plus de 65 % de voix pour un deuxième et dernier mandat de cinq ans, à l'issue du second tour de l'élection présidentielle.

Lancement retardé des négociations d'adhésion. "En l'absence d'un commun accord", le Conseil des ministres de l'UE réuni à Bruxelles le 16 mars 2005 décide de reporter l'ouverture prévue des négociations d'adhésion avec la Croatie. La raison en est l'échec du gouvernement croate à localiser l'ancien général Gotovina, recherché par le Tribunal pénal de La Haye (TPIY) et en fuite depuis 2001.

Après un rapport favorable de la Procureure du TPIY confirmant la "pleine coopération" de Zagreb, le Conseil des ministres a ouvert, le 3 octobre, les négociations d'adhésions avec la Croatie.

Le 7 décembre, l'ancien général Gotovina, recherché par le TPIY et dont la disparition avait conduit au report du lancement des négociations d'adhésion avec l'UE, est localisé et appréhendé sur l'île de Ténérife dans les Canaries espagnoles, et transféré à La Haye.

   
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